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Description du blog :
atelier jeudi soir 07 08
Catégorie :
Blog Famille
Date de création :
21.03.2008
Dernière mise à jour :
06.04.2008
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90 Textes hors atelier

Monique : Poème personnel

Posté le 06.04.2008 par paragraphe

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Le jardin de Mélodie

Toi, l'ami qui vient me lire,
Ici, tu es libre.
Tu peux juste passer le long de la clôture,
Entrouvrir la petite porte,
Ou bien venir t'asseoir sur le banc
Et t'imprégner des senteurs fleuries
des arbres de l'amour et de l'amitié,
aux fleurs parfumées
De tendresse, de plaisir et de douceur.
Reste, je te rejoindrai
à l'ombre des arbres
pour te donner la quiétude et la sérénité,
et si tu es bien, accepte quelques fleurs...
Mon ami Sophocle,
ici tu verras comme
"il est doux de perdre la conscience de tes malheurs",
dis moi quand tu seras de passage !
Juste un signe qui sera
une graine de bonheur dans mon jardin !
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Muriel : Texte hors atelier

Posté le 25.03.2008 par paragraphe
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Le père

La petite fille a un an. Yeux verts, cheveux chatain, frimousse souriante. Elle rejoint son frère, âgé de cinq ans, assis par terre dans le couloir. Il lui ouvre ses bras, son visage est grave. La petite fille entend ses larmes silencieuses qui roulent dans son corps. Elle se colle contre lui pour apaiser son chagrin. Ainsi enlaçés ils attendent. Quoi ? La petite fille ne sait pas vraiment. Le grand frère lui le sait : ils attendent le retour de leur papa. "On" leur a dit qu'il était parti en voyage. Il va revenir, le petit garcon y croit très fort. Alors tous les vendredis, il s'installe dans le couloir et il attend, sa petite soeur dans les bras.
Mais les vendredis passent, le père ne revient pas. Il est mort dans un accident de voiture, un vendredi soir. "On" ne dit pas ces choses-là aux enfants, "on" leur ment. Pour les protéger dit-on.
Et chaque vendredi le petit garçon attend le retour de l'être cher, le coeur gonflé d'espoir, le visage irradiant tout à la joie des retrouvailles. Pendant quelques minutes. Peut être une heure, peut être deux. Jusqu'à l'évidence. Le père n'est pas là, le père n'est pas rentré. Le père ne rentrera plus.
Alors le petit garçon se relève, le regard éteint. Nul sanglot ne déchire le silence, nul parole n'est prononcée. Il prend doucement sa soeur par la main et l'emmène se coucher. La petite fille ne comprend pas, mais elle perçoit la tristesse de son frère et voit son petit visage fermé.

Le temps passe, la petite fille grandit. Elle a 4 ans je crois quand "on" l'emmène au cimetière. "Tiens, voici la tombe de ton papa. Il est mort". La petite fille ne comprend pas. Son papa ? Mort ? C'est quoi la mort ? Et puis quelle étrange maison que cette tombe : il n'y a pas de fenêtre, pas de porte ! Juste une photo de son papa collé sur le mur de granit ! Mais où est donc papa ?
Etonnée, elle s'approche de la drôle de maison là où il y a la photo et tambourine tout doucement avec ses petits doigts : toc, toc. Personne ne répond. Elle recommence et dit d'une toute petite voix, pas très rassurée : "papa... papa...". Toujours rien si ce n'est un silence pesant et désespérant. Elle grimpe donc sur cette drôle de maison et saute en faisant le plus de bruit possible. Son papa va bien finir par l'entendre tout de même !
Elle hurle : "Papa, papa, je suis là !" Pas de réponse. Elle s'arrête, se retourne pour regarder son frère, tandis qu'on l'attrape brutalement par le bras. "Arrête de faire l'imbécile et ne fais pas de bruit ! Il faut respecter les morts !" Respecter les morts ? Ne pas faire de bruit ? La fillette ne comprends pas. Elle veut juste parler avec son papa, qu'il la prenne dans ses bras, la câjole doucement ! Mais "on" ne fait pas de bruit dans un cimetière.

Aujourd'hui encore, je fais toujours "toc toc" lorsque je vais au cimetière. Je m'asseois et d'une voix très douce, je demande : "Papa, tu es là ? Je peux te parler ?"
(février 2008)
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