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Description du blog :
atelier jeudi soir 07 08
Catégorie :
Blog Famille
Date de création :
21.03.2008
Dernière mise à jour :
06.04.2008
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Monique : Poème personnel

Posté le 06.04.2008 par paragraphe

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Le jardin de Mélodie

Toi, l'ami qui vient me lire,
Ici, tu es libre.
Tu peux juste passer le long de la clôture,
Entrouvrir la petite porte,
Ou bien venir t'asseoir sur le banc
Et t'imprégner des senteurs fleuries
des arbres de l'amour et de l'amitié,
aux fleurs parfumées
De tendresse, de plaisir et de douceur.
Reste, je te rejoindrai
à l'ombre des arbres
pour te donner la quiétude et la sérénité,
et si tu es bien, accepte quelques fleurs...
Mon ami Sophocle,
ici tu verras comme
"il est doux de perdre la conscience de tes malheurs",
dis moi quand tu seras de passage !
Juste un signe qui sera
une graine de bonheur dans mon jardin !
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Agathe : Expansion personnelle

Posté le 06.04.2008 par paragraphe
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The bottes

Il y a quelques mois, je me suis acheté des bottes.
Ca n’a l’air de rien comme ça mais c’étaient les premières.
Depuis le temps que j’en rêvais, d’avoir des bottes de vraie femme (et les jambes qui vont avec, cela va sans dire, mais mon compte en banque n’étant pas assez étoffé pour la lippo -succion, j’ai donc commencé par la première étape : les bottes). En effet, rien à faire, à chaque fois mon mollet – trop musclé sans doute par les longues années d’équitation (hum hum) - y faisait barrage.
Jusqu’à ce que, je tombe nez à nez avec elles, The bottes « of my life », en cherchant tout à fait un autre style de chaussures, ayant définitivement fait le deuil de cette idée saugrenue. Me voilà donc dans un magasin (dont je tairai le nom ici), jetant des coups d’œil furtifs à droite et à gauche comme une voleuse pour essayer Mes bottes, tranquillement sans qu’un vendeur ne vienne m’abreuver de ces judicieux conseils : si j’étais vous, j’opterais plutôt pour des ballerines, vu votre profil - non merci des ballerines ce n’est pas mon rêve ! j’en ai déjà des tonnes vu mon profil (de mollet) justement ! Après les avoir essayés très longuement – et même plus que ça -, comparé avec d’autres (incroyable, plusieurs paires me vont, quelle euphorie !), regardé sous tous les profils, ça y est j’en suis sûre, ce sont elles.
Elles m’ont choisi, enfin pas moi, mon mollet, autant que la réciproque.
En les payant à la caisse, j’ai un sentiment de fierté comme si enfin on (qui d’ailleurs) me reconnaissait le droit d’être une Woman. Finis les « Monsieur, vous désirez ? » au restaurant par un serveur arrivant dans mon dos ou autre « Agathe et les garçons, vous pouvez porter ce meuble, il est vraiment trop lourd » pendant les déménagements ! Maintenant, j’ai des bottes ! Une nouvelle vie s’offre à moi, ce que je n’ai d’ailleurs pas cessé de faire remarquer à chacun de mes amis après cet achat, les obligeant à s’extasier sur ces merveilles, en expliquant comment cet événement allait changer mon existence, qu’avoir des bottes, ça n’était pas seulement avoir des bottes, c’était un état d’esprit, une attitude. Certains restent d’ailleurs sceptiques, de la gent masculine pour la plupart.
Peu importe, avec mes bottes, je suis invulnérable et le monde est à mes pieds !
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Agathe : Ville, maison, lettre

Posté le 06.04.2008 par paragraphe
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Cartes de vœux

J’ai tout nettoyé de fond en comble aujourd’hui. Comme tous les jours.
Il me faut finir les cartes de vœux, j’en ai déjà écrit une soixantaine hier pour la famille proche ; il me reste celles des amis, pour la paroisse, le maire, les commerçants… au moins une bonne centaine.
Et demain, j’irai à la poste acheter les timbres spéciaux souhaitant la nouvelle année.
Je ne sais pas pourquoi je n’arrive pas à m’y mettre. Quelque chose me turlupine. Pourtant, je suis à jour dans ma liste de choses à faire aujourd’hui, il me semble. Mon esprit repasse en boucle les tâches accomplies depuis sept heures ce matin.
Mais il faut m’y mettre, j’ai perdu au moins cinq minutes à repenser à tout ça, et je ne vais pas avoir le temps de finir les cartes aujourd’hui si je veux pouvoir préparer le dîner de ce soir comme je l’entends. Et je déteste être en retard, je déteste l’imprévu en général d’ailleurs, et que l’inspiration me manque pour les cartes de vœux faites maison, ça, ça n’était pas prévu !
Ou alors, je peux peut être préparer le dîner maintenant, comme ça tout sera prêt pour ce soir et j’écrirai les cartes après en attendant mes convives, l’inspiration viendra bien. Mais non, la viande va être trop sèche si je la prépare maintenant. Au moins dresser la table peut être…
Je laisse donc mes cartes en plan - que je déteste ça, laisser quelque chose d’inachevé - mais tant pis pour mes états d’âme, il faut bien être efficace, ne nous laissons pas aller, fichtre !
Pour me retirer cette impression désagréable de fouillis dans ma tête, je prends trois aspirines avant de descendre à la salle à manger.
Contrariée, je remarque quelque chose de changé dans le salon mais quoi ? Un meuble a été déplacé, comment se fait-il que je ne m’en sois pas rendue compte ce matin en passant l’aspirateur ? C’est sûrement Yann qui hier est resté tard à regarder la télévision ; je lui avais pourtant dit d’aller se coucher avant minuit, pour qu’il ne soit pas encore en retard au lycée le matin, comme à son habitude, parce qu’il manque de sommeil et a donc du mal se lever. Il faudrait que je me résolve à le mettre en pension, ça lui ferait le plus grand bien, je n’ai aucune autorité sur lui. Quant à Bruno n’en parlons pas.
Mais de quoi aurions-nous l’air vis à vis des gens ? De parents indignes sûrement. Etre le sujet de commérages du quartier, certainement pas.
Tout doit sembler parfait. Euh… que dis-je «tout doit sembler parfait»? Tout est parfait. J’ai la vie dont j’avais toujours rêvé : un mari qui m’adore et qui a un bon salaire, un travail tourné vers les autres et à mi-temps, ce qui me laisse le temps d’entretenir ma maison et ma forme, un fils qui certes traverse une période difficile en ce moment, mais qui fera un gendre idéal pour n’importe quelle famille membre du Rotary Club, une maison parfaite, impeccable et meublé avec goût (le mien), un jardin resplendissant, le tout dans une mignonne petite ville à taille humaine où je connais tout le monde (sans pour autant les apprécier) et où toute la violence que l’on peut voir aux nouvelles le soir n’est qu’un lointain mirage - Dieu nous en préserve !
Mais je m’égare, le temps passe à une vitesse folle, les Gordon arrivent bientôt et rien n’est prêt pour ce souper ! Et ces cartes laissées en plan… J’y retourne, c’est plus fort que moi ; il ne sera pas dit que j’enverrai cette année mes vœux le 2 janvier ! C’est hors de question, c’est d’un commun… de se laisser déborder par le temps, ce n’est pourtant pas compliqué d’être un minimum organisée et de se tenir à ses engagements. Alors… que pourrais-je souhaiter à mes amis qu’ils n’ont pas déjà ?
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Muriel : Expansion personnelle

Posté le 31.03.2008 par paragraphe
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Le chocolat

Il doit être environ 17 heures en ce soir hivernal glacé. Je suis sur le quai de la gare, j'attends mon train. Je viens de finir une rude journée de travail. Des insatisfaits de tout bord. A croire qu'ils se tous donné rendez vous le même jour pour me compliquer la tâche ! J'ai cependant dans mon sac un trésor inestimable, de quoi me redonner le sourire : pensez donc, une petite boite de chocolats "haut de gamme" pour un tout petit prix. La belle affaire ! Je salive, impatiente d'être rentrée chez moi pour m'adonner sans aucun remord au péché de gourmandise. Inutile de dire que le temps me semble long, très long, la patience n'étant pas mon fort ! Je ne peux empêcher un oeil gourmand - et tourmenté - de s'échapper vers la boite. Mon doigt lui caresse lentement le ruban, douce promesse d'une soirée enchanteresse. Je me surprends à rêver de cet instant, où, enfin libre, mes doigts impatients pourront arracher tous ces joyaux pour les déposer dans ma bouche. Mhhhh...
"Et puis zut" me dis-je, pourquoi devrais-je attendre d'être chez moi pour l'ouvrir ? Pourquoi différer le plaisir ? A la maison ou sur le quai d'une gare, qu'importe après tout. Prise d'une impulsion subite, je défais consciencieusement le scotch. Et, presque à la sauvette, savourant déjà l'interdit, je prends rapidement deux délicieux chocolats que je m'apprête à déguster lorsque, subitement, mon regard croise celui d'une autre femme. J'esquive alors un geste pour ranger bien vite la boite quand, mue par je ne sais quel désir de partage qui me fait alors braver ma timidité légendaire, je demande, ou plutôt je bafouille : « Z'en voulez un ?
- Oui » me répond la dame.
Pourtant, étrangement, machinalement même, comme mue par un ancien réflexe, je range la boite. Puis je me rends compte que quelque chose ne va pas. Tiens donc ! Ne serait-ce pas un "oui" que je viens d'entendre ? En même temps, dans les manuels de bonne éducation pour jeune fille, quand quelqu'un d'inconnu vous propose quelque chose on répond "non". N'est ce pas ? Vous, vous auriez répondu "non" ? Donc, logiquement, la dame aurait du me répondre "non". Sauf qu'il me semble avoir entendu "oui".
Prenant alors mon courage à deux mains, rougissante, tremblante, je me décide à poser à nouveau la question en regardant bien la dame - pas en-dessous, ni au-dessus, non, droit dans les yeux, avec un grand sourire timide : « Vous... m'avez dit oui ?
- Oh oui, oui » me dit-elle le regard brillant.
Diantre ! Elle a dit "oui" ! C'est donc bien qu'elle en veux un ! Je tends alors la boite, toute confuse. Je vois sa main, dans un geste rapide, prendre un chocolat : le noir avec le petit chapeau blanc. Je me sens défaillir de ma hardiesse. Il semblerait pourtant qu'elle soit aussi timide que moi parce que, chocolat en main, elle se sauve rapidement, en m'offrant cependant un magnifique sourire bien chaleureux, comme je les aime. Quant à moi, je suis plutôt fière de moi. Pas d'avoir offert un chocolat, tout de même ! Mais bien d'avoir réussi à surmonter ma peur de l'autre. Sacré moment ! Et quels délices ces chocolats !
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Muriel : Texte hors atelier

Posté le 25.03.2008 par paragraphe
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Le père

La petite fille a un an. Yeux verts, cheveux chatain, frimousse souriante. Elle rejoint son frère, âgé de cinq ans, assis par terre dans le couloir. Il lui ouvre ses bras, son visage est grave. La petite fille entend ses larmes silencieuses qui roulent dans son corps. Elle se colle contre lui pour apaiser son chagrin. Ainsi enlaçés ils attendent. Quoi ? La petite fille ne sait pas vraiment. Le grand frère lui le sait : ils attendent le retour de leur papa. "On" leur a dit qu'il était parti en voyage. Il va revenir, le petit garcon y croit très fort. Alors tous les vendredis, il s'installe dans le couloir et il attend, sa petite soeur dans les bras.
Mais les vendredis passent, le père ne revient pas. Il est mort dans un accident de voiture, un vendredi soir. "On" ne dit pas ces choses-là aux enfants, "on" leur ment. Pour les protéger dit-on.
Et chaque vendredi le petit garçon attend le retour de l'être cher, le coeur gonflé d'espoir, le visage irradiant tout à la joie des retrouvailles. Pendant quelques minutes. Peut être une heure, peut être deux. Jusqu'à l'évidence. Le père n'est pas là, le père n'est pas rentré. Le père ne rentrera plus.
Alors le petit garçon se relève, le regard éteint. Nul sanglot ne déchire le silence, nul parole n'est prononcée. Il prend doucement sa soeur par la main et l'emmène se coucher. La petite fille ne comprend pas, mais elle perçoit la tristesse de son frère et voit son petit visage fermé.

Le temps passe, la petite fille grandit. Elle a 4 ans je crois quand "on" l'emmène au cimetière. "Tiens, voici la tombe de ton papa. Il est mort". La petite fille ne comprend pas. Son papa ? Mort ? C'est quoi la mort ? Et puis quelle étrange maison que cette tombe : il n'y a pas de fenêtre, pas de porte ! Juste une photo de son papa collé sur le mur de granit ! Mais où est donc papa ?
Etonnée, elle s'approche de la drôle de maison là où il y a la photo et tambourine tout doucement avec ses petits doigts : toc, toc. Personne ne répond. Elle recommence et dit d'une toute petite voix, pas très rassurée : "papa... papa...". Toujours rien si ce n'est un silence pesant et désespérant. Elle grimpe donc sur cette drôle de maison et saute en faisant le plus de bruit possible. Son papa va bien finir par l'entendre tout de même !
Elle hurle : "Papa, papa, je suis là !" Pas de réponse. Elle s'arrête, se retourne pour regarder son frère, tandis qu'on l'attrape brutalement par le bras. "Arrête de faire l'imbécile et ne fais pas de bruit ! Il faut respecter les morts !" Respecter les morts ? Ne pas faire de bruit ? La fillette ne comprends pas. Elle veut juste parler avec son papa, qu'il la prenne dans ses bras, la câjole doucement ! Mais "on" ne fait pas de bruit dans un cimetière.

Aujourd'hui encore, je fais toujours "toc toc" lorsque je vais au cimetière. Je m'asseois et d'une voix très douce, je demande : "Papa, tu es là ? Je peux te parler ?"
(février 2008)
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Monique : Expansion

Posté le 22.03.2008 par paragraphe
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Ce matin,
Il y avait
Des milliers
De diamants
Dans les champs.
Les gens ont dit :
« C’est la gelée. »
Mais moi,
Je sais bien
Que c’est la lune
Qui a fait craquer
Tous ses colliers.


Expansion de Monique

Ce matin, il fait nuit. Le soleil s’est levé mais de gros nuages le cachent. J’entrebâille les volets, le vent souffle très fort et arrache les ventaux de mes mains. La pluie s’engouffre par l’ouverture et, en quelques secondes, je suis trempée de la tête aux pieds. Je referme difficilement la fenêtre. Je regarde dehors. Il y avait bien un salon de jardin sur la terrasse, tout est parti ! Des branches d’arbres jonchent le sol. Des milliers de feuilles déchiquetées tapissent le gazon. Entre deux gros nuages, un petit trait de soleil tombe sur les feuilles et les fait briller comme des centaines de diamants. La pluie se calme un peu et je peux distinguer au loin, au-delà de la clôture du jardin. Dans les champs, les colzas sont couchés et ont perdu leur belle couleur jaune. Je suis surprise, ébahie. Et pourtant, les gens ont dit : « ce sera la tempête du siècle ! ». Je grelotte, pieds nus sur les tommettes. Ma chemise trempée me colle sur la peau. Il fait froid dans la chambre : « c’est la gelée ! ». Mais moi, si je reste là, je vais attraper froid ! Le ciel commence à s’alléger des nuages. Sur un coin de ciel, je pense que c’est la lune. Je dois délirer. Je vais me changer, prendre un bon bain chaud, je verrai plus clair après. Et puis d’abord, qui a fait craquer le ciel ? Hein ? Pourquoi il n’est pas content ? Oh ! là ! là ! Je crois qu’un peu de relaxation me fera du bien. Et après, pour rire, j’irai réveiller grand-mère et, comme quand j’étais petite, je mettrai tous ses colliers et ses chaussures à talons.
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